31 janvier 2011

Chapître 16 - Finistère, 11 novembre 2010

Yesirah se recroquevilla sous la couette chaude. Une torpeur délicieuse parcourait ses membres encore endormis. Prolonger le plus longtemps possible les vapeurs euphorisantes….Le rêve était net. Elle était à l’étranger, dans un pays de falaises et de mers. Une foule bigarrée marchait sur la route, dépassait des vendeurs de tissus. Tous avançaient  dans la même direction. C’était un flux continu. Il y avait des familles, des couples, des gens seuls, des vieillards et des enfants. Elle était avec son  mari et son enfant. Ils marchaient tous les trois aussi, comme poussés par le flux de la foule. Elle savait qu’elle ne lui appartenait pas ; elle savait qu’elle n’aimait pas l’homme qui lui avait donné cet enfant. L’enfant était  vague ; elle peinait à en distinguer les traits. C’était un phénomène, qui s’était produit dans la vie de substitution qu’elle avait laissé l’univers créer, sans opposer de résistance. La route qui longeait la côte descendait à pic, et ils descendaient tous. Le creux était le prémice d’une autre route, qui gravissait la colline. C’est dans le creux qu’elle sentit une présence. Elle ne s’était pas retournée, mais elle sentit qu’un homme descendait parmi la foule qui les suivait. Une légère peur mêlée de la certitude que cela devait arriver, lui saisit la poitrine. Lorsqu’elle se retourna, Antise était si près d’elle, qu’elle sentait son souffle sur ses lèvres. Il prit le visage de Yesirah dans ses mains. Le baiser fut long, suave ; les deux corps debout se mêlaient. Yesirah prit sa main, et suivit Antise. Ils faisaient la route contraire de la foule indifférente. Yesirah laissait le succédané de vie derrière elle. Elle n’avait pas de remords. Ce qui arrivait était inéluctable. L’évidence ne se commentait pas.



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